Mini-livre · Concepts
Quel produit, quelle porte ?
ChatGPT, Codex, Claude, Claude Code : ce qui les distingue, et ce que change la façon d'y entrer.
4 chapitres · environ 8 min de lecture
Chapitre 1. Un même cerveau, plusieurs portes
Quand on dit « j'utilise ChatGPT » ou « j'utilise Claude », on mélange trois choses.
Le modèle est le moteur qui écrit. Le produit est ce que l'éditeur en fait : un assistant de discussion, un assistant qui prend en charge une tâche, un assistant spécialisé dans le code. La porte est l'endroit où vous le rencontrez : un site web, une application sur votre ordinateur, une application sur votre téléphone, ou le terminal.
Le terminal est cette fenêtre où l'on tape des commandes au lieu de cliquer. C'est la porte des informaticiens, et la plus puissante des quatre : l'outil y travaille directement dans un dossier de votre ordinateur.
Schéma 1. Trois niveaux.
| Niveau | Question | Exemples |
|---|---|---|
| Le modèle | Quel moteur écrit ? | Celui d'OpenAI, celui d'Anthropic |
| Le produit | Que me propose-t-on de faire ? | Discuter, confier une tâche, programmer |
| La porte | Par où j'entre ? | Web, bureau, mobile, terminal |
À retenir. Deux personnes qui « utilisent Claude » peuvent vivre deux expériences très différentes, parce qu'elles n'ont pas le même produit ni la même porte. C'est la source de la confusion.
Chapitre 2. Quatre produits, deux gestes
Il y a deux gestes à distinguer : discuter (vous posez une question, vous obtenez une réponse) et confier un travail (l'outil enchaîne des étapes, ouvre des fichiers, utilise des outils, et vous rend un résultat à relire).
ChatGPT a deux modes. Chat sert à discuter. Work sert à confier une tâche : l'outil planifie, rassemble du contexte, utilise des outils et va jusqu'à un résultat, en vous demandant votre accord pour les actions importantes.
Codex est l'assistant de programmation d'OpenAI. Il lit, modifie et teste du code. La documentation d'OpenAI le décrit comme destiné à des développeurs.
Claude est l'assistant d'Anthropic. Dans son application de bureau, trois onglets : Chat pour discuter, Cowork pour confier un travail suivi, Code pour programmer. Anthropic dit que Cowork repose sur la même mécanique que Claude Code, « sans terminal ».
Claude Code est l'assistant de programmation d'Anthropic. Il lit un ensemble de fichiers, les modifie et lance des commandes. Anthropic le présente comme un produit pour développeurs.
Les deux paires se ressemblent : ChatGPT est à Claude ce que Codex est à Claude Code. Dans chaque paire, un produit sert à discuter et à travailler sur des documents, l'autre à programmer.
Schéma 2. Quel produit, quelle porte.
| Web | Application de bureau | Mobile | Terminal | |
|---|---|---|---|---|
| ChatGPT (Chat et Work) | Oui. Work tourne dans le nuage et ne voit pas un dossier de votre ordinateur | Oui, selon votre offre. Work peut travailler sur le dossier que vous choisissez | Démarrer et suivre des tâches | Non |
| Codex | Oui, dans le nuage | Oui, dans la même application que ChatGPT | Suivre et approuver | Oui, c'est sa porte la plus classique |
| Claude (Chat et Cowork) | Oui | Oui. Cowork travaille sur les dossiers que vous lui connectez | Oui, sans accès aux fichiers du téléphone | Non |
| Claude Code | Oui, sur une copie du projet dans le nuage | Oui, onglet Code | Piloter à distance | Oui, c'est sa porte la plus classique |
ChatGPT (Chat et Work)
- Web : Oui. Work tourne dans le nuage et ne voit pas un dossier de votre ordinateur
- Application de bureau : Oui, selon votre offre. Work peut travailler sur le dossier que vous choisissez
- Mobile : Démarrer et suivre des tâches
- Terminal : Non
Codex
- Web : Oui, dans le nuage
- Application de bureau : Oui, dans la même application que ChatGPT
- Mobile : Suivre et approuver
- Terminal : Oui, c'est sa porte la plus classique
Claude (Chat et Cowork)
- Web : Oui
- Application de bureau : Oui. Cowork travaille sur les dossiers que vous lui connectez
- Mobile : Oui, sans accès aux fichiers du téléphone
- Terminal : Non
Claude Code
- Web : Oui, sur une copie du projet dans le nuage
- Application de bureau : Oui, onglet Code
- Mobile : Piloter à distance
- Terminal : Oui, c'est sa porte la plus classique
Lu dans la documentation des deux éditeurs le 18/10/2026. Les noms et les fonctions changent vite.
À retenir. Pour des documents, des mails, des tableaux, la ligne ChatGPT ou la ligne Claude suffit. Les lignes Codex et Claude Code sont faites pour le code.
Chapitre 3. Ce que change la porte
La porte ne change pas le modèle. Elle change ce que l'outil peut toucher chez vous.
Vos fichiers. Par le web, l'outil ne voit que ce que vous lui envoyez. Par l'application de bureau, il peut travailler sur le dossier que vous choisissez. Par le terminal, il travaille dans le dossier où vous le lancez. Plus la porte est proche de votre ordinateur, plus l'outil peut faire, et plus il peut abîmer.
Les permissions. OpenAI recommande, pour la plupart des travaux, de commencer par le mode qui demande votre accord avant d'agir. Son mode « accès complet » donne accès à tout fichier de l'ordinateur, avec accès internet. Côté Anthropic, le terminal démarre en lecture seule et demande avant de modifier un fichier ou de lancer une commande. Pour Cowork, Anthropic conseille un dossier de travail dédié, pas tout votre disque.
La mémoire. Elle ne se trouve pas au même endroit selon la porte. Sur le web, c'est la mémoire du compte. Sur le bureau et le terminal, une partie vit sur votre ordinateur, dans des fichiers : chez OpenAI, la mémoire locale de Codex est désactivée par défaut ; chez Anthropic, chaque session de Claude Code repart d'un contexte vierge, complété par un fichier d'instructions que vous écrivez.
Vos données. « En local » ne veut pas dire « privé ». Même quand l'outil travaille sur votre ordinateur, ce que vous lui demandez est envoyé aux serveurs de l'éditeur pour que le modèle réponde. OpenAI précise que l'accès à l'ordinateur ne garantit pas la non-conservation des données. Trois gestes différents, à ne pas confondre : refuser que vos conversations servent à améliorer le modèle, désactiver la mémoire, et déconnecter une application.
Le piège commun aux portes qui agissent. Quand l'outil lit un site, un mail ou un document, celui-ci peut contenir des consignes cachées qui cherchent à le détourner. OpenAI le dit en toutes lettres : ce risque existe. C'est la raison de garder l'approbation avant chaque action.
Schéma 3. Qui voit quoi, selon la porte.
| Porte | Ce que l'outil voit chez vous | Le plus prudent au départ |
|---|---|---|
| Web | Ce que vous envoyez, ce que vous connectez | Ne rien connecter de sensible |
| Application de bureau | Le dossier choisi, parfois l'écran et le navigateur | Un dossier dédié, accord avant chaque action |
| Mobile | Rien de vos fichiers, mais il peut piloter l'ordinateur | Garder l'ordinateur sous surveillance |
| Terminal | Le dossier où il est lancé | Mode qui demande avant d'agir |
À retenir. Une porte plus proche de votre ordinateur donne un outil plus utile et un risque plus grand. On ouvre une porte à la fois, avec un dossier dédié.
Chapitre 4. Laquelle choisir quand on n'est pas technique
Ma recommandation est nette : commencez par la porte web de l'assistant de discussion, ChatGPT ou Claude. C'est la moins risquée : l'outil ne voit que ce que vous lui donnez. Restez-y tant que vos besoins sont des réponses, des brouillons, des reformulations.
Passez à l'application de bureau quand vous voulez qu'il travaille sur des documents précis de votre ordinateur. Créez un dossier dédié, mettez-y seulement ce dont il a besoin, et gardez l'accord avant action.
Laissez le terminal, Codex et Claude Code à des personnes accompagnées ou à votre prestataire. Ils sont faits pour programmer, la porte est exigeante, et leur sécurité repose sur des réglages à comprendre.
L'exception qui compte : les données de vos clients. Voici ce que dit la CNIL dans ses questions-réponses sur l'IA générative (page du 18 juillet 2024, relue le 19 octobre 2026). Pour des usages non confidentiels, un service grand public peut être envisagé « avec des garanties appropriées » : un compte créé avec une adresse professionnelle dédiée, pas avec votre adresse personnelle, et la réutilisation de vos données par l'éditeur désactivée quand c'est possible. Pour fournir des données personnelles de clients, elle juge « généralement plus opportun et plus sécurisé » un déploiement sur site, tout en reconnaissant que l'hébergement dans le nuage est plus courant : il faut alors un contrat de sous-traitance avec l'hébergeur et, le cas échéant, avec le fournisseur de l'IA. Elle recommande de « ne jamais partager d'informations confidentielles telles que des données personnelles » sur un service grand public. Source : CNIL, questions-réponses sur l'IA générative.
Concrètement : pas de nom, de coordonnée ou de situation de client dans un compte individuel sans avoir regardé le réglage d'entraînement, et mieux vaut anonymiser. Un compte payant individuel reste un compte individuel : c'est le type de compte (individuel ou professionnel) qui change les engagements de l'éditeur, pas le fait de payer.
À retenir. Une seule porte à la fois, la plus éloignée de vos fichiers qui répond à votre besoin, et aucune donnée de client dans un compte individuel sans précaution.
Pour aller plus loin
- Livre précédent :Comment tout s'imbrique.
- Pour installer un assistant chez vous, avec vos réglages : accompagnement à l'installation.
Laëtitia Jouan, formatrice et coach, installe des assistants IA chez les indépendants et les TPE. Les outils et leurs réglages évoluent vite : relu le 19 octobre 2026. Ce document est informatif et ne remplace pas un conseil juridique.